FIFM : YASSINE FENNANE SIGNE UN DRAME SOCIAL MARQUANT DANS « LES FOURMIS »

Le réalisateur marocain Yassine Fennane a présenté Les Fourmis en avant-première au Festival international du film de Marrakech, dans une salle comble et particulièrement réceptive. Ce troisième long métrage, produit par le Centre cinématographique marocain, confirme la singularité de son regard et son intérêt pour les trajectoires humaines bousculées par la violence sociale, la migration et le désir de liberté.

Le long-métrage met en lumière Trois récits entremêlés suivent Félicité, une jeune migrante subsaharienne à la frontière maroco-espagnole près de Melilla.  Après la mort tragique de son amie Sandrine, Félicité promet de lui rendre hommage en retournant à Tanger pour gagner de l’argent et lui offrir des funérailles chrétiennes.

Le deuxième récit se concentre sur Hamid, un recruteur sans scrupules exploitant les travailleurs migrants, dont la duperie finit par lui coûter son emploi.

Enfin, Kenza, une jeune mère aisée, engage Félicité comme nourrice contre l’avis de son mari, déclenchant un conflit conjugal croissant qui plonge Félicité dans le désespoir.

Présentant son film au public marrakchi, Fennane résume sa démarche au micro de Hespress FR :  « Les Fourmis raconte l’histoire de trois personnages qui se croisent à Tanger : Félicité, Kinza et Hamid. Trois êtres très différents, mais que réunissent des parcours violents et une volonté commune de s’émanciper. »

En effet, les trois trajectoires, issues de milieux sociaux opposés, se rejoignent dans leurs fragilités, leurs peurs et leur quête d’une vie meilleure.

Le réalisateur poursuit : « Ce sont trois classes sociales distinctes, mais qui partagent les mêmes volontés. Mon film est aussi un hommage à Tanger, une ville carrefour où les cultures cohabitent et vivent ensemble. Une ville idéale, une ville modèle. »

Des destins où se croisent une lutte commune

Ces histoires composent une mosaïque sociale où se croisent migration, exploitation, précarité et lutte pour la dignité, comme nous l’a expliquée Nadia Kouda, qui campe de rôle de Kenza.

« C’est l’histoire de deux femmes qui finissent par se retrouver ». L’actrice marocaine voit dans le film un regard nécessaire sur la condition des femmes migrantes au Maroc :

« Les Fourmis est un très beau film sur les femmes africaines qui viennent au Maroc, qui abandonnent tout pour reconstruire une vie. Félicité cherche du travail, et elle se retrouve nounou dans la maison où vit mon personnage. »

Elle décrit Kenza comme une femme sous emprise : « C’est une mère victime d’un mari narcissique, un manipulateur qui l’empêche de travailler parce qu’il veut une femme à la maison. »

Cette relation crée un terrain de rencontre inattendu entre deux femmes que tout oppose : « C’est l’histoire de deux femmes qui, bien que séparées par tout, finissent par se retrouver. »

Nadia Kounda a également tenu à saluer la direction d’acteurs de Fennane : « Yassine, c’est notre pote. Il est chill, humain, généreux. Je voudrais retravailler avec lui encore une fois. »

La projection à Marrakech a rencontré un succès remarquable, comme le souligne l’actrice : « La salle était pleine, le public est resté pour le Q&A. C’est super. Cela montre que le film touche. »

Ce bel accueil confirme la pertinence du film dans le contexte marocain actuel, où les questions de migration, d’inégalités sociales et d’émancipation féminine sont omniprésentes.

Avec Les Fourmis, Yassine Fennane offre un film dense, humain et social, filmant Tanger comme un espace de coexistence, de tension, mais aussi d’espoir. Dans ce sens, Les Fourmis est autant un portrait qu’un diagnostic, autant une fiction qu’un cri discret, mais puissant.

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2025-12-04T20:50:15Z